Est-ce vraiment le mariage que veulent les homosexuels ?

Article paru sur LibertePolitique.com le 29 juillet 2011

François Martin

C’était à New York, le dimanche 24 juillet dernier : 823 couples homosexuels profitaient du premier jour d’entrée en vigueur de la loi les autorisant à se « marier », et se succédaient dans l’une des 5 mairies de quartier de la Grande Pomme. Relayé avec gourmandise par les caméras du monde entier, l’événement annonce-t-il semblable évolution en France ? Ce serait céder à un grave malentendu à la fois sur sur le mariage, et sur les attentes du lobby homosexuel.

Le petit monde de la politique et des médias, qui sait bien zapper rapidement d’un sujet à l’autre, et se préoccuper de sujets qui n’intéressent pas en profondeur les Français, bruisse depuis plusieurs semaines de rumeurs concernant le mariage homosexuel, alimenté en cela par le début de la campagne électorale [1], la Gay Pride, et quelques sondages distillés au bon moment, et d’ailleurs contradictoires, certains affirmant que les Français sont globalement pour, d’autres qu’ils sont contre. Puisque d’autres le font, intéressons-nous aussi à cette question.

Les derniers à vouloir se marier

Ce qui nous frappe surtout dans cette affaire, et que personne n’a l’air de relever, c’est le fait que, alors que plus personne n’a visiblement envie de se marier [2], sauf quelques fous de catholiques, les homosexuels devraient être les derniers à vouloir le faire. On sait en effet que la communauté gay est particulièrement volage [3]. Preuve en est, par exemple, le fait qu’elle est comptée en premier lieu parmi les populations à risques concernant le sida. Il est certain, à ce titre, que si, par hypothèse, la loi française prévoyait que, pour toute personne, homo ou hétéro, voulant vivre en couple, il faille obligatoirement passer devant Monsieur le Maire, les gays seraient certainement les premiers à défiler pour que ça change, et pour dénoncer une « intolérable aliénation ».

Si donc, selon le plus simple bon sens, les gays n’ont pas envie de se marier [4], et donc ne devraient pas demander le mariage, pourquoi le font-ils ?

Est-ce, comme on l’entend régulièrement parmi les arguments avancés, parce qu’il y a une discrimination à leur encontre, parce qu’ils ne peuvent disposer d’un droit qu’auraient tous les autres ? Mais est-il vrai que tous les autres en disposent ? Il existe en France en effet, si l’on examine les choses, de nombreux cas où, hormis le cas « normal » des hétérosexuels majeurs, les personnes ne disposent pas de ce droit : par exemple, deux mineurs pubères ne pourraient le faire, ni deux frères et sœurs, ni un père et sa fille, ou une mère et son fils, ni encore un homme avec plusieurs femmes en même temps. Pour toutes ces catégories, le mariage serait refusé, pour des raisons diverses : manque de maturité pour assumer une famille (cas des mineurs), risque de consanguinité (cas parent/enfant ou frère/sœur), risque d’« aliénation domestique » (cas de la polygamie).

La loi, et toute la société avec elle, considère donc très légitimement que dans certains cas, il est licite de ne pas autoriser le mariage à certaines personnes, alors même qu’on ne pourrait leur contester ni l’attirance sexuelle, ni la sincérité des sentiments, ni un consentement réciproque. Dans le cas des homosexuels, l’impossibilité de leur sexualité spécifique à produire des enfants est a priori un motif tout aussi valable que ceux indiqués ci-dessus pour justifier le refus. Leur argument d’une discrimination particulière à leur encontre ne tient pas. En réalité, ils ne sont pas plus discriminés que d’autres populations qui n’ont pas ce droit, et qui ne l’exigent nullement.

S’agirait-il donc du manque d’un cadre juridique permettant, dans leur cas, de régler des problèmes de couples (succession, etc.) ? Non, évidemment, puisque, même sans parler du PACS, il est très facile de résoudre toutes les situations par des actes sous seing privé. Cet argument ne tient pas non plus.

Alors, s’il n’y a en réalité pas d’envie, pas de besoin, et pas de discrimination, ni affectivo-sexuelle, ni administrative, pourquoi cet acharnement à demander le mariage, alors que ça n’intéresse vraiment plus personne d’autre ?

Pas le mariage lui-même, mais le « droit » au mariage

En réalité, la réponse est simple : ce n’est pas le mariage que veulent les gays (les lobbies gays, devrait-on plutôt dire), mais le droit au mariage, ce qui n’est pas la même chose. Leur revendication ne provient pas d’un besoin, mais uniquement du désir de conquérir une arme politique. Pourquoi ? Eh bien parce que si moi, qui suis homosexuel, et qui a priori me contrefiche du mariage, j’obtiens d’en avoir le droit, quelle sera la valeur de ce droit pour celui qui veut vraiment vivre durablement et fidèlement avec son conjoint de l’autre sexe, concevoir et élever sagement et sérieusement ses enfants ? Évidemment, elle sera nulle. En exigeant une chose qu’en réalité je ne veux pas, si je l’obtiens, symboliquement, je la dénature.

La démarche est donc politique. Elle est même, en réalité, révolutionnaire (c’est la raison pour laquelle elle est si virulente), car elle vise à la destruction symbolique d’un pilier de l’ordre social existant, pour obtenir, par cette victoire, un soft power, une force morale et d’influence.

Elle permettrait à ses détenteurs, qui sont tous issus des oligarchies intellectuelles, médiatiques et/ou économiques, une plus grande prise de pouvoir sur le peuple et sur l’État qui le représente : plus d’avantages, plus de capacité d’aliéner les « masses », les nouveaux prolétaires que sont devenues les classes moyennes, toutes ces petites familles précaires, passives et besogneuses, qui peinent tant à créer, avec beaucoup de souffrances et contre le cours de la société, les enfants bien éduqués dont la société a besoin, et qui n’ont, elles, besoin ni de droits, ni de reconnaissance, ni de parole. La revendication homosexuelle participe à ce titre, clairement, d’un dévoiement de la démocratie, une « oligarchisation » de la société, visant à déposséder les peuples, au profit des intérêts catégoriels de quelques groupes de nantis dont ils font partie.

Alors, puisque la ficelle est si grosse, pourquoi la plupart des politiques « donnent-ils dans le panneau » d’une telle façon ? Pourquoi participent-ils à un processus de nature totalitaire, qui réduit leur pouvoir, au lieu de combattre ? Pourquoi, alors que leur rôle est de participer, par la promotion de l’ordre et de la justice, au rééquilibrage du rapport forts/faibles, naturellement déséquilibré au profit des forts, choisissent-ils de soutenir les forts contre les faibles ? Pourquoi une telle naïveté, une telle cécité ? En réalité, ils ne sont ni naïfs, ni aveugles, ils ne sont nullement trompés, ils ont choisi depuis longtemps leur camp et leur stratégie : le « mandat-alibi » (les paroles pour le peuple et les actes pour leurs amis), et non pas le « mandat de justice » pour lequel ils ont été élus.

Dénonçons cette injustice et ce coup de force, cherchons et soutenons ceux qui tiennent le bon cap, et ne nous faisons pas intoxiquer par les faux raisonnements : le mariage est fait pour ceux qui veulent se marier, et pas pour ceux qui n’en ont rien à faire et en veulent juste le droit, pour embêter les autres…

Notes

[1] Où les candidats sont « au début de leur piste d’envol », en recherche de soutiens, et donc encore « fragiles », et malléables…

[2] Pour de vrai, c’est-à-dire pour la vie, s’entend.

[3] On dit aujourd’hui « libertine », semble-t-il.

[4] Si l’on a le moindre doute à ce sujet, que l’on aille voir sur internet le dessin animé « Smutley le chat » fait pour l’Association Aides. Il exprime très bien le modèle de sexualité que veulent promouvoir les lobbies gays. Il s’agit bien du libre-service sexuel absolu, à l’opposé même du mariage. Attention : c’est assez croquignol…

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